Sebastian PICKER

descabezado-2011-oleo-sobre-tela-40-x-40-cmLe personnage rondouillard que peint Sébastian Picker depuis de nombreuses années et qui se répéte, en se déclinant au masculin et au féminin suppose dans des espaces aux éclairages artificielles d’intérieurs une pensée historique, sociale, et une réflexion critique de l’homme contemporain. Dès son plus jeune âge, il dessine et réalise des caricatures, procédé qui ne le quitte jamais totalement. Formé à Boston, il obtient son premier diplôme en 1984, il glisse vers la peinture et y introduit la dimension satirique héritée de ses jeunes années.

Ce sont les travers et les aspects désolant d’une société moderne que la peinture permet alors d’explorer. Le personnage est à la fois responsable, initiateur des drames que victime. Un effet positif/négatif dans le traitement du sujet indique alors quel rôle ce dernier joue. En grisaille et multiplié il représentera, livide l’expression d’un système subi, autrement en costume et cravaté, il gonfle fièrement sous l’effet de ses petits triomphes.

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Le journal d’information est un motif récurrent dans la peinture de Sébastian Picker. Les pages de presses formant des motifs et des structures enveloppantes géométriques symbolisent le flot et  la densité d’une actualité dont on devine aisément la nature. Entre le noir et blanc, des camaïeux de bruns ou de gris, hommes et femmes en action, poussent un caddie, noyés au cœur de la société de consommation, se voient assaillis au centre spirale intitulée « In formation », ils sont autrement campés dans des dispositifs où le dessins joue un rôle d’effacement et d’affaiblissement de la vitalité même.

On retrouve des motifs de bombes pointées vers des architectures symboliques. C’est par des symboles clairs et une économie apparente de moyens que Picker traduit l’état de notre planète et ce qui active ses rouages. La figure y est toujours esseulée, traduisant sans doute la solitude éprouvée face aux désastres liés à l’histoire de la seconde moitié du XXe siècle. Les espaces picturaux sont quant à eux toujours minimaux et font se rencontrer deux cultures picturales typiques de l’Amérique du Sud ; l’art concret, minimaliste,  et la peinture naïve. Le traitement de l’espace est une des problématique essentielles de son art. Elle permet de souligner un sentiment de claustration, tel que de nombreux peintres des années 1970 l’ont également abordée.

Sébastian Picker et né à Santiago, au Chili, en 1956. Le coup d’Etat de 1973, le condamne à l’exil. Il quitte le pays à l’âge de 17 ans avec son frère et se rend aux Etats-Unis où il se forme. Il est exposé dans de nombreux musées sud-américains et aux Etats-Unis, en France en Espagne et en Allemagne, Au Royaume-Unis.

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The pudgy character that Sébastian Picker has been painting for years, both in masculine and in feminine shape, translates in the artificially illuminated space, a historical, social thought and a critical reflection on the contemporary human being.

From a young age, he has been drawing cartoons, a habit that has never truly left him. Formed in Boston, he obtains his first degree in 1984 and he slides towards the painting to which he adds the satirical dimension inherited from his early years.

The newspaper is a recurrent motif in Sébastian Picker’s painting. The pages, forming patterns and captivating geometrical structures, symbolize the flow and density of the current events, of a nature easy to guess. Between the black and white, in a gray and brown cameo, men and women in action push a shopping cart: drowned in the heart of the consumer society, they see themselves assailed in the center of a spiral called « In formation » or pulled by devices where the drawing only weakens the vitality until its disappearance.

We can also find the motif of bombs pointed towards symbolic architectures. Making use of clear symbols and seemingly economical means, Picker translates the state of our planet and shows exactly what puts its cogs in motion. The characters always seem forsaken, rendering without a doubt the solitude felt in the face of the late 20th century’s disasters. As for the pictorial spaces imagined by the artist, they are minimal and at the crossroads of two South American pictorial cultures: the concrete, minimalist art and naïve art. The treatment of this space always posed an essential question for his art: it underlines the feeling of confinement, approached by many painters in the 1970’s.201105041805

Sébastian Picker was born in 1956, in Santiago, Chile. The coup d’état from 1973 condemns him to exile. He leaves the country at the age of 17 with his brother, and he moves to the United States where he receives his education in the arts field. He has had exhibitions in numerous museums from South America, the United States, France, Spain, Germany and the United Kingdom.