SEBASTIAN PICKER

Sebastian Picker est né en 1956, à Santiago du Chili. Le coup d’État de 1973 le condamne à l’exil. Il s’installe alors aux États-Unis avec son frère, à l’âge de 17 ans, où il reçoit une formation dans le domaine artistique. Il obtient son premier diplôme en 1984 à Boston.

Dès son plus jeune âge, Sebastian Picker dessine et réalise des caricatures. Un procédé qui ne le quitta jamais totalement. Après une formation à Boston il se dirige vers la peinture et y introduit la dimension satirique, héritée de ses jeunes années, qu’il retranscrit à travers un personnage rondouillard. Un motif répétitif, se déclinant aussi bien au masculin qu’au féminin, qui parait généralement se tenir dans un espace aseptisé aux lumières artificielles. Ce personnage représente à la fois une pensée historique et sociale, ainsi qu’une critique affirmée de l’Homme contemporain.

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Ce sont les travers et les aspects désolant d’une société moderne que sa peinture permet alors d’explorer. Le personnage est aussi responsable, initiateur des drames que victime. Une dualité qui se ressent dans le traitement pictural du sujet : en grisaille et livide, il est l’expression d’un système subi. En revanche, le costume noir accompagné de sa cravate soulignent les petits triomphes d’un Homme.

Ces espaces vides de toutes informations géographiques et temporelles sont tout de même occupés. Le journal d’information est un motif récurrent — les pages de presses formant des structures enveloppantes géométriques qui symbolisent le flot et la densité d’une actualité dont on devine aisément la nature. Entre le noir et blanc, les camaïeux de bruns ou de gris, hommes et femmes en action se dessinent, comme noyés au cœur de la société de consommation. Les personnages paraissent assaillis,

campés dans des dispositifs où le dessins joue un rôle d’effacement et d’affaiblissement de la vitalité même. C’est donc par des symboles nets et une économie apparente de moyens que Picker traduit l’état de notre société et ce qui active ses rouages. La figure y est toujours esseulée, dans la solitude éprouvée face aux désastres liés à l’histoire de la seconde moitié du XXe siècle.

Les espaces picturaux sont, quant à eux, toujours minimaux et font se rencontrer deux cultures picturales typiques de l’Amérique du Sud ; l’art concret minimaliste et la peinture naïve. Le traitement de l’espace est une des problématiques essentielles de son art. Elle permet de souligner un sentiment de claustration, tel que de nombreux peintres des années 1970 l’ont également abordée.

Pour toutes questions concernant les oeuvres disponibles à la galerie, contactez-nous.

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